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un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur"

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un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" Empty un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur»

Message  Le Passeur le Jeu 13 Juin 2013 - 7:12

un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" Couver10

L'OISEAU DE MALHEUR
 
La genèse : Je l’ai déjà dit, je ne vois rien de particulièrement intéressant dans ma vie qui puisse mériter une auto ou une biographie. Bien qu’on puisse y voir une certaine suite dans les idées, on en mourrait certainement d’ennui. Et ce n’est certainement pas faute d’avoir rencontré des personnes passionnantes dans leur style respectif. C’est d’ailleurs ce qui m’a incité à me mettre à raconter (ou plutôt à « me raconter » parce que je n’écris initialement que pour moi, ce que j’ai toujours fait au demeurant) leur histoire. Pourquoi? Sans doute pour ne pas oublier tout simplement.
Synopsis: Je ne songeais évidemment pas à publier ces histoires, mais vint un jour où mon éditeur m’a demandé de lui «pondre un recueil de nouvelles». Ne sachant par ou commencer, j’ai discuté avec lui de ce recueil d’histoire tournant autour de personnes originales et souvent détraquées que j’avais connues dans toutes les régions du Québec. Je lui  ai dit que le recueil pouvait contenir douze ou treize histoires et que, au besoin, j’étais prêt à lui en faire d’autres.
A posteriori: en réalité, il appert que je lui aurais envoyé vingt-deux nouvelles. J’ai demandé à mon éditeur de me retourner celles qui n’étaient pas primées, il a rétorqué que pour rien au monde il n’y couperait pas même une virgule. Certes ça ferait un livre plus volumineux, mais il les voulait toutes. Il m’a même demandé de me mettre au travail pour un autre recueil, mais mon alter ego le Passeur est passé chez lui avant même la parution de l’Oiseau de Malheur. Tout le travail de mise en pages étant fait, madame Mélusine qui possède une petite maison d’édition m’a demandé de refaire la maquette de couverture pour correspondre à sa propre maison.
 
L’une des pièces de ce recueil:
«Moitié-Moitié»
 
À seize ans, Moitié-Moitié était toujours sur les bancs d'école. Au fait, soyons plus précis: il était en passe de devenir spécialiste de la cinquième année.
    Après avoir doublé sa deuxième année, avoir été admis en troisième et en quatrième année par charité, Moitié-Moitié était demeuré sur les bancs de la cinquième, comme s'il eut été collé à même le siège devenu exigu de cette classe du primaire.
    Non, si son quotient intellectuel avait atteint sa pleine expansion à huit ans, Moitié-Moitié avait continué à évoluer. En tous les cas, il avait évolué physiquement. Est-il besoin en effet de préciser que, toujours en cinquième année, mesurant six pieds un pouce, il fut rapidement consacré tête de turc de la classe puis, de l'ensemble de l'école.
    Maigre comme une toile d'araignée, s'il avait le malheur de boire un jus de tomates, il prenait des allures de thermomètre. Fort heureusement, il n'éprouvait pas de prédilection marquée pour ce jus de légume.
    Maintenant qu'il avait dépassé l'âge de la puberté, la multitude de boutons qu'il avait dans la figure avait cessé d'avoir des boutons, ce qui n'avait pas eu l'heur de satisfaire les nombreuses filles à qui il avait entrepris de proposer des sorties.
    Mais sa faiblesse intellectuelle avait depuis longtemps réussi à traverser les murs de sa classe. Personne n'avait oublié cette occasion où, obligé d'aller enlever ses bottes au sous-sol de l'école, Moitié-Moitié avait passé le reste de l'avant-midi dans le fameux sous-sol. Pendant quelques temps il avait cherché ses souliers puis, faute de les avoir trouvés, sachant qu'il ne serait pas admis avec ses bottes de caoutchouc dans la classe, il avait fini par s'endormir sur une chaise.
    C'est finalement à la toute fin de l'avant-midi que, réalisant soudain qu'il n'était toujours pas revenu en classe, l'institutrice avait jugé préférable d'aller contrôler elle-même où il en était rendu dans ses recherches archéologiques. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir son efflanqué d'étudiant vautré dans les bras de Morphée. Après lui avoir montré ses souliers qu'il avait laissés à côté de la fournaise, elle avait ramené Moitié-Moitié en le remorquant par une oreille tandis qu'il pleurait à chaudes larmes.
    Reconnaissons cependant à la décharge des deux parties, que l'institutrice n'avait pas eu grande difficulté pour lui trouver les oreilles, lui qui avait toujours porté les cheveux coupés au ras de la tête. Par surcroît, parmi les nombreux traits qui le caractérisaient, il avait des oreilles exagérément grandes offrant une prise magnifique pour les mains décharnées de l'institutrice.
    On n'était pas non plus sans se rappeler cette occasion, quelques années plus tôt, où l'inspecteur avait demandé à Moitié-Moitié le prénom de son père, après lui avoir demandé de se lever. Debout, Moitié-Moitié, du haut de sa longueur vertigineuse, avait commencé par balbutier quelques mono-syllables totalement incompréhensibles puis, lentement, mais de façon bien définie, un cerne sombre, de plus en plus grand, s'était dessiné dans le fond de son pantalon.
    Personne n'avait, non plus, été capable de réprimer un fou-rire dément en cette dernière année où il avait usé ses pantalons sur les bancs de la cinquième année et où il était en passe d'en savoir autant que l'institutrice. L'habitude aidant, tel un enregistrement, il était devenu capable de précéder l'institutrice dans ses énoncés, allant même jusqu'à préciser la ponctuation, de même que les intonations qu'elle utiliserait. Il aurait probablement été capable, l'institutrice s'absentant pour cause de maladie, de donner la leçon à sa place.
    Cette journée-là, l'institutrice n'ayant pas été en mesure de lui faire produire son devoir, l'avait envoyé en punition, à genoux dans le placard, prenant bien soin de le prévenir qu'il n'était pas question pour lui de sortir avant qu'elle ne lui en donne l'autorisation.
    Puis, de fil en aiguille, l'enseignante avait fini par oublier son grand dadais de Moitié-Moitié jusqu'à ce que sourde du placard en question, un inhabituel ronronnement. Ouvrant la porte de la penderie, elle le découvrit, ronflant à faire éclater un décibellomètre, vautré dans les manteaux des autres élèves qu'il avait décrochés pour s'en faire un moelleux matelas.
    Oui, dès qu'il était question de Moitié-Moitié, tout était prétexte aux sarcasmes, aux railleries et aux rires à gorge déployée. La chose était d'autant plus facile pour les enfants que, c'est bien connu, ces derniers ont l'art de développer des trésors de méchanceté lorsqu'ils s'y mettent, à plus forte raison lorsqu'ils sont en bande.
    Mais pourquoi au fait, lui donnait-on cette fameuse appellation Moitié-Moitié, celle qu'il exécrait le plus au monde? Tout avait débuté alors qu'il avait huit ans; son père l'avait découvert dans un placard, en train de fumer des cigarettes subtilisées dans le sac à main maternel.
    Après une sévère réprimande, le garçon s'était promené pendant plus d'une semaine avec le bas du dos particulièrement douloureux. Depuis, le malheureux enfant s'était recyclé dans la vente de billets de loterie de toutes sortes allant des billets de type moitié-moitié où le gagnant remportait la moitié de l'ensemble des mises, jusqu'aux billets du prestigieux Sweepstake irlandais en passant par les billets de la loterie olympique ou ceux de gageures au hockey ou au baseball. Il les avait toutes en permanence sur lui et c'est précisément pour cette raison qu'il s'était vu collé de façon irrémédiable ce fameux sobriquet.
    Conscient du ridicule de sa présence dans les autobus scolaires réservés à l'usage des enfants du primaire, il avait lentement pris l'habitude de marcher pour se rendre à l'école où il était devenu incapable d'utiliser les mêmes bancs que ses confrères de classe, ses jambes trop longues relevant le pupitre.
    S'il s'astreignait à marcher plutôt que de prendre les longs autobus scolaires jaunes exécrés par plus ou moins tous les conducteurs, s'il usait ses espadrilles du printemps à l'automne et ses bottes de caoutchouc en hiver avec une rapidité déconcertante, Moitié-Moitié tirait tout de même des avantages non négligeables de cet exercice.
    Sans se fatiguer, il avait progressivement appris à tirer avantage de la longueur phénoménale de ses jambes et atteignait, lorsqu'il se décidait, des vitesses de pointe tout simplement vertigineuses. Nul n'aurait pu songer à le suivre, encore moins essayer de le dépasser. Il était devenu tout simplement imbattable. Même les facteurs pourtant habitués à la marche et souvent reconnus pour leur rapidité refusaient de tenter la moindre compétition de vitesse avec lui.
    Malgré la quantité prodigieuse de cigarettes qu'il rôtissait maintenant, il n'en demeurait pas moins l'une des personnes les mieux oxygénées de la ville. Par surcroît, il était connu à des dizaines de kilomètres à la ronde et ils étaient très fréquents ceux et celles qui l'abordaient dans la rue pour lui acheter des billets.
     Plus le temps passait, plus son réseau de vente prenait de l'expansion, de sorte que ses bénéfices augmentaient de jour en jour à un point tel que les plus sarcastiques s'amusaient maintenant à lui demander quand est-ce qu'il se déciderait à engager des employés. Il avait toutes les raisons d'être fier de son négoce. Si au moins, une fille avait bien voulu lui donner une chance, si minime puisse-t-elle être, de lui prouver qu'il savait aimer, il avait l'intime conviction qu'il aurait su la rendre heureuse.
    Pourtant, à maintes reprises il avait essayé de briser la glace; combien de fois n'avait-il pas tenté une amorce de dialogue? C'était peine perdue. Dès qu'il abordait une représentante du sexe complémentaire, croyant qu'il avait l'intention de lui offrir l'un quelconque de sa panoplie de billets, elle le repoussait généralement de façon fort cavalière. C'est que, dans son esprit immature, il n'avait pas réalisé que les approches amoureuses et les approches commerciales ne sont pas identiques.
    Son seul et unique succès avait toujours résidé dans la vente de ces foutus billets. Oh! Il aurait bien voulu les lancer par-dessus son épaule comme autant de mises échouées pour trouver un coeur tendre à aimer, mais les revenus étaient loin d'être modestes. Malgré son jeune âge, malgré ses ventes à temps partiel, il en était très rapidement arrivé à accumuler un salaire hebdomadaire encore supérieur à celui de son père qui travaillait, lui, à temps plein dans une aluminerie.
    Qui plus est, il avait acquis une réputation d'envergure régionale et ce n'était pas pour ne pas flatter un tant soit peu son ego. D'accord, il n'avait aucune fille accrochée à son bras démesurément allongé, mais il avait la renommée. Il était tellement connu de par la région que les gens en étaient venus à l'associer aux loteries. Les gens ne parlaient plus d'aller à la tabagie, ils allaient à la recherche de Moitié-Moitié.
    Il y avait longtemps que plus personne ne connaissait son véritable nom et on avait également oublié sa lignée un peu comme si, sans origine, il avait été créé de toute pièce, tel un robot. Tout le monde le connaissait sans pour autant le connaître. La seule mention "Moitié-Moitié" suffisait à faire apparaître un visage dans l'esprit de quiconque, mais personne n'en savait très long sur l'individu.
    Il y avait maintenant quelques années qu'il avait quitté la maison paternelle et, à vingt-cinq ans, il gardait toujours le même emploi qui devenait avec le temps, de plus en plus lucratif, vendeur de billets de grands chemins.
    Il avait même ajouté pendant un certain temps la vente de billets de spectacles pour les différentes salles de la région, mais après quelques mois, il avait réalisé que la marge de profit n'était pas suffisante pour continuer, sauf pour les spectacles à grand déploiement où il savait que la vente de billets serait très rapidement terminée. Grand bien lui fasse, il n'avait cependant pas l'intelligence suffisamment développée pour le pousser à la revente de billets, ce qui eut encore arrondi son pécule.
    Où demeurait-il? Où mangeait-il? Que faisait-il de ses loisirs? Nul n'aurait su le dire. Pas même les membres de sa famille avec laquelle il avait coupé les ponts en partant de la maison paternelle au terme d'une discussion pour le moins acerbe. Nul dans toute la région ne se souciait plus de lui autrement que pour faire l'acquisition de billets de loterie.
    Il était devenu, en quelque sorte, sans existence légale. Marcheur invétéré, il n'avait jamais eu de voiture. Il n'avait donc pas de permis de conduire. Sans travail officiel, il n'avait jamais cru bon de demander un numéro d'assurance-sociale. Jamais malade, il n'avait pas davantage de dossier à l'hôpital, ni de carte d'assurance-maladie.
    Tel un clochard, gardant tout son avoir sur lui, il n'avait évidemment pas de compte de banque, bref, il n'était à toute fin pratique, personne. Comme il payait toujours ce qu'il achetait rubis sur l'ongle, il n'était pas connu non plus des créanciers, ou à tout le moins, il n'avait pas de dossier établi dans leurs filières, de sorte qu'il n'était effectivement personne pour eux.
    Personne, malgré son habillement de plus en plus sophistiqué, ses vêtements fabriqués sur mesure dans des tissus fins, malgré qu'il marchait maintenant dans des souliers fins en provenance d'Italie. Personne, malgré qu'il pouvait rapidement vous faire, à toute heure du jour ou de la nuit, dans la rue, le change en grosses ou en petites coupures sur un billet de mille dollars. Il était devenu un « non-individu », dirions-nous, bien nanti.
    D'aucuns prétendaient qu'il n'avait même pas d'appartement, pour éviter d'avoir à défrayer le coût d'un loyer. Comme si la nature ne l'avait pas suffisamment meurtri en ne lui accordant que l'intelligence d'un enfant de huit ans. Comme si, outre le calcul où il avait une compétence marquée, son handicap n'avait pas été suffisant, on en était maintenant rendu à le prétendre avaricieux.
    Non, plus personne ne le connaissait. On le courait pour lui acheter des billets de loterie comme on aurait couru en direction d'une boîte téléphonique ou d'une boîte distributrice de journaux. Tout ce qu'on arrivait à lui dire, c'était le nom de la loterie sur laquelle on entendait miser, de même que le nombre de billets à acheter. Pas question de parler avec lui de la pluie et du beau temps, pas question non plus de s'informer de sa santé ou de ses projets. Il était devenu en quelque sorte un guichet automatique.
     Jusqu'au jour où la patrouille de nuit de la Sûreté municipale le découvrit, aux petites heures du matin, en plein mois de février, inconscient, dans un ravin. Aucun doute possible quant à la nature de l'agression, parce que c'en était incontestablement une. Ensanglanté, il ne lui restait plus sur le dos que son sous-vêtement. Transporté d'urgence à l'hôpital, plus personne n'entendit jamais de lui. Qu'est-il devenu? Nul ne l'a jamais su.


 
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Message  SmokingDragon le Jeu 13 Juin 2013 - 14:30

Très émouvant. Ca me rappellait un peu "Poil de Carotte" par certains côtés. Mais c'est bien triste comme fin d'autant qu'on ne sait même pas ce qu'il est advenu de lui. un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 835224706

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Message  Le Passeur le Jeu 13 Juin 2013 - 14:49

au fond je pense que toutes les histoires "vraies" d'enfants cachent ou font état de la cruauté. Faudrait mettre ça entre les mains des psy. Je crois que les enfants font ainsi leur apprentissage de ce qu'ils seront adultes. Contrairement aux préceptes généralement établis, l'homme n'est pas né foncièrement bon mais foncièrement con.
Certains apprennent à devenir bons, d'autres demeurent sur leurs positions et ou / deviennent militaires
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Message  berny le Jeu 13 Juin 2013 - 14:53

Cela me fait penser à deux amis que j'ai eus étant jeune: un trisomique avec qui je jouais souvent au 'pichenotte ' et un autre comme celui que tu décris dans cette nouvelle avec le même genre de déficience( Roger 25 cents, je l'appelais ainsi, car le jeu entre nous était que j'essaie de l'attraper et si j'y arrivais, je lui donnais 25 cents; disons qu'il n'était pas trop dur à attraper).Je leur dois quelques un de mes plus beaux souvenirs.  

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Message  Le Passeur le Jeu 13 Juin 2013 - 20:44

j'ai connu, comme ça, gamin, un copain qui soouffrait de ce qu'on appelait alors le «haut mal», qu'on percevait fréquemment (merci à nos curés) comme des possédés, l'épilepsie.
J'étais jugé anormal parce que je refusais de me moquer de lui. Pis encore, j'étais son ami... mais les blagues de mauvais goût que j'ai pu entendre sur son dos!!!
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Message  SmokingDragon le Jeu 13 Juin 2013 - 22:01

Pour revenir sur le sujet ça m'a vraiment bouleversé l'histoire de "Moitié-Moité" et particulièrement après coup, limite grosse déprime. Je sais pas si je me suis identifié à lui d'autant qu'on a aucun point commun mais vraiment ça m'a brisé le cœur pour lui. Même en écrivant ces lignes ça me retourne encore les tripes. Vraiment cette nouvelle me fout vraiment les boules. Si les autres sont du même acabit ça promet. pale Mais bon c'était vraiment bien raconté aussi. Ca me hante maintenant de savoir ce qu'il est devenu. J'aurai tellement voulu pouvoir l'aider. J'en chiale presque (en vrai ça me fait chialer).

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Message  SmokingDragon le Jeu 13 Juin 2013 - 22:12

Maudt Passeur Sad mais je t'en veux pas c'est juste l'émotion. Prends le plutôt comme un compliment pour l'écrivain.

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Message  Nosmokingdragonette le Jeu 13 Juin 2013 - 22:33

Va falloir que je console mon dragon qui est tout démoralisé ! 
Impressionnante ta nouvelle le passeur 
Ça me fait penser à un livre que j'ai lu qui est arrivé par la poste et qui m'a fait cauchemarder pendant des nuits et des nuits sur les hôpitaux Psy....affraid
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Message  berny le Jeu 13 Juin 2013 - 22:48

SmokingDragon a écrit:Pour revenir sur le sujet ça m'a vraiment bouleversé l'histoire de "Moitié-Moité" et particulièrement après coup, limite grosse déprime. Je sais pas si je me suis identifié à lui d'autant qu'on a aucun point commun mais vraiment ça m'a brisé le cœur pour lui. Même en écrivant ces lignes ça me retourne encore les tripes. Vraiment cette nouvelle me fout vraiment les boules. Si les autres sont du même acabit ça promet. pale Mais bon c'était vraiment bien raconté aussi. Ca me hante maintenant de savoir ce qu'il est devenu. J'aurai tellement voulu pouvoir l'aider. J'en chiale presque (en vrai ça me fait chialer).








Sacré Dragon! voilà pourquoi on t'aime bien : ta sensibilité... pour un administrateur, ce n'est pas commun.

Je vis en plein centre-ville de Trois-Rivières dans un quartier où il y a beaucoup de défavorisés dans ce genre. Justement, il y a quelques jours à peine, une dame, que je ne connais pas, de toute évidence déficiente, s'est arrêtée pour me raconter ses malheurs ( j'étais assis sur le balcon à fumer ma pipe) une vie de souffrances à n'en plus finir. L'impuissance que l'on ressent est assez indescriptible.... on ne peut que très peu de choses contre la pauvreté d'esprit... la vie est injuste et cela ne semble pas la troubler.

Triste histoire que cette histoire Le Passeur, mais bien raconté.


Dernière édition par berny le Ven 14 Juin 2013 - 6:38, édité 3 fois

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Message  berny le Jeu 13 Juin 2013 - 22:53

Nosmokingdragonette a écrit:Va falloir que je console mon dragon qui est tout démoralisé ! 
Impressionnante ta nouvelle le passeur 
Ça me fait penser à un livre que j'ai lu qui est arrivé par la poste et qui m'a fait cauchemarder pendant des nuits et des nuits sur les hôpitaux Psy....affraid
Moi aussi j'en ai lu un dans ce genre écrit par ...Mélusine, il ne laisse pas sa place côté bouleversant et révoltant.

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Message  Le Passeur le Jeu 13 Juin 2013 - 23:28

d'accord, je recommencerai pas. Promis! un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 1244667685
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Message  SmokingDragon le Ven 14 Juin 2013 - 8:51

Merci mon cher Berny. Ce qui m'étonne dans ce récit c'est que j'ai été bouleversé alors que j'ai lu des récits autrement plus tristes pour des personnages autrement plus sympathiques que "Moitié-Moitié". Outre la structuration du récit que notre diabolique Passeur a effectué pour en tirer un effet maximum je pense pour y avoir longuement pensé cette nuit que ce qui m'a pris les tripes c'est qu'un homme qui soit parti de rien (voire moins que rien) et qui arrive à s'en sortir se fasse ainsi rattraper par la fatalité qui s'abat sur lui abruptement même si cette fatalité est largement imputable à ses faiblesses. C'est insupportable, inadmissible et révoltant mais c'est la vie effectivement. Je ne vais pas larmoyer sempiternellement sur le sujet mais je n'oublierai pas "Moitié-Moitié" et où qu'il soit j'espère qu'il y est en paix. Je fumerai aujourd'hui à sa mémoire et de temps en temps pour toujours me souvenir qu'il y a des personnes qui ont moins de chance que moi dans la vie et qui méritait autant que moi de vivre. Que cela me serve de leçon afin de ne pas gâcher ma vie bêtement et que je la savoure chaque jour pour ce qu'elle est, ici et maintenant, comme disent si bien les bouddhistes.

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Message  Le Passeur le Sam 15 Juin 2013 - 14:47

Je n'aurais jamais cru qu'une simple nouvelle eut tant d'effet sur vous, mes très chers amis! Histoire de me faire pardonner afin de retrouver grâce à vos yeux, en voici une autre, non pas tirée de l'Oiseau de Malheur mais d'un collectif d'une quinzaine d'écrivains québécois publié en '94, si a mémoire est bonne, du plus illustre inconnu au plus illustre de nos poètes, Raymond Lévesque. le recueil s'appelait Les Îles de l'Âme;

o0o

Navigateur placentaire.
 

J'ouvre les yeux. Grands. Le plus grand possible, parce que j'ai de la difficulté à bien distinguer. Je cherche, je regarde, ma longue-vue écume l'horizon, je fouille partout, mais rien pour donner réponse à mes interrogations..

C'est mon premier rendez-vous à l'aveuglette. C'est important un amour, surtout le premier. Et un amour vrai est toujours le premier. Beaucoup de voyageurs m'ont déjà parlé de celle vers qui je vogue, mais je n'en sais rien. On a commencé par me la décrire rousse et rebelle, puis blonde et voluptueuse et finalement on m'apprend qu'elle est brune fatale. Les portraits sont diamétralement opposés et ne m'apparaissent pas vraiment sérieux.

Elle est québécoise pur miel, mais si lointaine que sa seule évocation me fait l'effet d'un rêve. Je cherche une carte de l'Atlantique Nord et je scrute le large, à travers les embruns. Je découvre enfin une tache qui se dessine, forme foetale enjôleuse, baignant dans le liquide amniotique de son golfe.

Mes yeux sont démunis parce que j'ignore ce que je cherche. La grisaille naufrageuse m'engloutit. Je me retrouve emmailloté dans des langes de brume et toujours rien pour me sortir de mes interrogations qui dégénèrent bientôt en hantises.

N'ai-je pas déjà été suffisamment piégé par des écueils, des sirènes-fausses-alarmes et des monstres marins, menacé par des Tritons, en louvoyant à travers les pages de l'Odyssée sur mon radeau de rêves, sans m'embarquer à bord d'une telle galère?

Suis-je devenu un Ulysse des temps modernes, un Robinson Crusoë naviguant vers son naufrage ou un rejeton du Capitaine Fracasse? Je m'imagine, toutes voiles dehors, mettant bonnettes sur bonnettes, en écumeur des mers, accoudé au bastingage. Décidément, je ferais mieux de mouiller l'ancre avant qu'il ne soit trop tard.

Flibustier de baignoire, je nie tout naufrage éventuel, mais ma témérité pourrait m'être coûteuse. Avant même de saborder l'ennemi, je pourrais être envoyé par le fond. Elle est cruelle, celle qui roule sous mes pieds. Elle en a pris par centaines, par milliers, depuis la nuit des temps. De plus malins que moi. Et des plus expérimentés aussi.

Sous sa cape où le brouillard laisse entrevoir des reflets précieux d'aigue-marine, d'opale, de néphrite et de jade, elle dissimule des pièges innombrables, mais surtout insondables.

Elle renferme des bestioles qui ne font pas de quartier. Si les dauphins sont sans danger pour moi, les requins ne le sont pas tous, non plus que les rorquals. Et c'est faire abstraction de ces êtres perfides qui attaquent avec hypocrisie. Entrés dans le bois de mon embarcation de façon insidieuse, aussi minuscules qu'une tête d'épingle, ils creusent dans les membrures et les bordages, des labyrinthes sans fin qui donneront bientôt au bois, l'aspect d'une éponge. Tarets, qu'on les nomme. Mais on pourrait utiliser d'autres noms; il n'y en a pas de trop vil pour eux.

Passons sous silence les hauts-fonds, ces récifs meurtriers qui risquent à tout moment de déchirer la quille de mon bâtiment. Ce n'est pas ce qui importe.

Une douce volupté m'envahit pendant que la brise trousse sa jupe de brouillard. Je peux enfin voir ce corps qu'elle m'offre, m'invite à prendre avec mon amour bestial. Je n'ai pas envie de jouer les maîtres de harem avec elle. Je n'ai rien de l'eunuque, ni du satyre. Pourtant, je salive à la vue de toute cette chair fraîche qui me porte à la tête, hydromel, tourbillon de plaisirs.

Elle est là, enfin devant moi, se trémoussant dans les plis du brouillard, provocante, suave, enchanteresse. Une curieuse sensation de douce chaleur envahit mon bas-ventre et je me demande si cette mer écumante n'est pas chargée d'aphrodisiaques.

Magique, elle me promet des heures de chaude béatitude qui m'apparaissent rapidement comme un rêve érotique. Des heures trop belles pour être vraies. Trop vraies pour n'être qu'un rêve. A moins que ce ne soit un rêve éveillé...

Ses parfums exquis chatouillent ma narine et son nez retroussé flaire mon état de rut qui l'excite et lui met des rêves en tête, aussi alléchants que les miens. J'entends au loin la mélopée nasillarde des cornes de brume, mais ces sirènes n'ont pas pour moi la mélodie ensorceleuse qu'elles ont psalmodié pour le navigateur antique. Mais je ne navigue pas dans son sillage.

Ma nymphe promène ses courbes vaporeuses et danse et se trémousse dans les foins sauvages de ma pensée. Ses bras blancs déploient des ailes de pigeon, ses longues et fines jambes dessinent des entrechats et le sable blond jaillit entre ses orteils et coule en cascades. Je voudrais, comme lui, me glisser contre la peau douce de ma vénus. M'imprégner de son odeur affriolante.

Son oeil fourrage le brouillard de mes entrailles et guide ma main vers ses seins. Sa poitrine généreuse se gonfle sous l'excitation. Ses mamelons durcis me provoquent, magnétisent ma main, hypnotisent mes sens.

Elle secoue sa chevelure blonde aux reflets roux qui danse sous mes yeux, se décoiffe et laisse le vent jouer dans cette crinière d'or hérissée de doux méandres qui me survoltent; de fines gouttelettes de transpiration éclaboussent ma lèvre.

Ma déesse est peut-être nubile, mais elle n'en est pas moins gueuse. Fille d'Ève, elle m'attire dans ses lagunes et lèche le sel de ma sueur dès que je m'étends sur sa chaude langue de sable. Je la caresse et, entre mes doigts, elle se défile. Mes bras trop courts ne peuvent arpenter ses flancs creux.

Ses grains de beauté m'émoustillent, mais elle en a tant et tant sur cette poitrine volontaire que je n'arrive pas à les dénombrer. Ses fesses menues et fermes, davantage que ses buttereaux invitent mes mains. Elle entrouvre son aine et je vois perler, sur ses poils pubiens, la rosée du matin qui m'excite.

J'approche la main, mais elle referme aussitôt sa corolle de plaisirs infinis, me refusant son suc. Tant bien que mal, je domine ma convoitise. Je la caresse et mes doigts courent sur sa peau satinée. Étrangement, c'est moi qui en retire des frissons.

Et je me laisse envoûter par ce parfum de myrique et de foin coupé qui se dégage des pores de sa peau, je hume et, comme un taureau en chaleurs, je retrousse la lèvre supérieure, analysant cette senteur de désir. Elle se laisse envahir par mes gâteries pendant que je nargue ses mamelons.

Sa croupe ondule pendant que mes mains parcourent son corps et elle pousse de petits rires nerveux; l'excitation nous gagne et nous enivre malgré nous. Je me grise de ses tourments et la regarde onduler, chenille en bout de soie. Retournée sur le flanc, elle avance le bassin et replie les genoux.

Offerte, elle laisse retomber ses bras et son haleine chaude m'émoustille pendant que ses pieds se crispent de ravissement. Elle essaie de retenir le moment de la jouissance et je redouble d'ardeur, l'invitant à se laisser emporter, mais elle se dérobe sous mes mains, sous ma langue, sous mes dents. Elle me repousse et explose enfin dans un râle de béatitude.

Je perçois, sous son sein gauche, son coeur qui palpite et je la cajole du regard. Je regarde sa poitrine se gonfler et s'aplatir sous ses seins pendant que sa respiration se régularise et je la trouve belle, mon île de désir.

Je m'assois à côté d'elle, sans la quitter des yeux; furtivement, j'allonge la main et cueille un épi de foin de mer, en savourant la tige tendre, je laisse l'épi effleurer son ventre plat, escalader ses collines, courir sur sa gorge, butiner d'un mamelon à l'autre, puis redescendre explorer son bourgeon ombilical. Elle cherche à s'éclipser, mais bientôt son rire en cascade, semblable à celui d'une gamine, goûte la séduction.

Elle me prend doucement par l'épaule et m'invite, d'une pression des doigts, à poser ma tête sur son ventre. Confortablement installés, elle ondule sa main dans mes cheveux, triturant ma calvitie naissante.

Je me laisse bercer par les minauderies des vagues, pendant que ma geisha m'initie à de nouveaux préambules aux plaisirs érotiques. Je renifle encore son parfum de lavande de mer qui m'ensorcelle et me grise. Je souhaitais la laisser, rêveuse, déguster les dernières effluves du plaisir conquis, mais insatiable, elle tyrannise l'offrande.

Sans le laisser paraître, j'évalue sa respiration qui revient lentement à la normale. Doucement, elle fait courir ses doigts aux griffes acérées, les fait glisser de mon front à mes tempes, libère mes oreilles, se dérobe vers mon cou, dessinant des arabesques sur ma gorge, retourne à mon cou et effleure le long de ma colonne vertébrale. Comme elle sait s'y prendre, mon paradis d'amour et de beauté.

Lentement, je me retourne et mon nez est menacé par un assaillant rose, mamelon qui réclame l'offrande suprême. Je me plie de bonne grâce à ses caprices. Je le nargue du bout de la langue et, à nouveau, il durcit, prêt à emmagasiner d'autres réserves de délices que j'ai peine à contrôler. Et je lui prodigue mille et une cajoleries, l'étourdis sous un flot de lave salivaire et mes mains reprennent leur ballade sur le corps vierge de mon île.

Et je profite de l'ouverture de sa bouche, délaisse le mamelon et y plonge ma langue qu'elle prend goulûment, qu'elle mordille à son tour, pendant que ses ongles labourent la chair de mon dos. Mes tentacules imposent leur emprise sur tout son corps et l'excitation la gagne lentement.

Mon sexe survolté sanglote et se rebelle. Il étouffe, batracien en manque d'humidité, se révolte, agoraphobe qui désespère de son héroïne, la supplie de s'émouvoir pour lui. Son érection est si intense que j'en ai mal au bas-ventre. Mes testicules enflés se sentent à l'étroit dans leur enveloppe, suppliciés implorant la grâce de la délivrance.

Sa main agrippe ma bourse, tellement tendue que j'y sens les heurts de millions de spermatozoïdes auto-tamponneurs frénétiques coincés dans un carambolage monstre. Son pouce remonte le long de mon membre excité, décoiffe mon gland, faisant descendre le béret de chair, envoyant des électrochocs sur chaque micromètre et me procurant un plaisir pervers.

Pour me contrôler, je quitte sa bouche et mes lèvres se mettent à courir frénétiquement sur son corps, son cou, ses épaules, revient sur ses seins pour s'en détacher à nouveau. Ma langue pousse son chemin sous ses aisselles, descend sur son flanc, revient, étourdissante sur son ventre et entreprend une fouille spéléologique de son nombril.

Mon amante se rebelle sous les invites de mes mains, mais lentement, elle relâche la pression de ses cuisses. Mon doigt part à la rencontre de sa fleur secrète et elle se met à accentuer le rythme de sa respiration. Ensorcelée, elle étouffe sa satisfaction et, d'un oeil furtif, j'épie entre ses deux seins, ses lèvres qu'elle mord pour tenter de conjurer l'enchantement maléfique. Mais la volonté est faible, et sa chair si tendre...

Elle se laisse envahir par l'ivresse de mes attentions, se laisse bercer en me prodiguant l'extase, puis son corps gluant de ma salive reprend ses ondulations sous mes provocations répétées. Ma langue poursuit sa descente vers la vallée du plaisir, goûtant les premiers relents de jouissance et je planque mes lèvres sur la caverne qui s'offre à la volupté.

Comment pourrais-je arriver à me sortir de ce piège pervers, alors que Merlin a perdu tous ses pouvoirs devant l'implacable Viviane? Je ne peux me détacher de ma Veuve noire qui m'a pris dans sa toile. Je me sens perdu dans les tourments de cette passion et je n'ai pas le goût de me rebeller. Je deviens dément. Je veux boire jusqu'à la lie cette vie de plaisirs sauvages.

Bientôt, mon Aphrodite m'invite à changer de position, à la prendre à pleine mesure. Brutalement, je m'allonge et pénètre cette amazone que je chevauche avec excitation, pendant que nos rythmes respiratoires s'accélèrent dans une commune mesure et tous deux, dans les prémices de l'apothéose, nous commençons à émettre des râlements qui se relancent et se poursuivent, pour atteindre la béatitude suprême.

Dans un synchronisme parfait, nos corps ondulent sous la caresse de la brise et se grisent sous les vagues intenses de spasmes, comme des vaisseaux en perdition dans la tourmente. Sans le réaliser, j'en suis venu à la posséder, mon île merveilleuse que j'espérais depuis ma plus lointaine enfance, celle qui hantait le moindre de mes instants, me berçait d'envie.

Et, maintenant que j'ai réalisé ce souhait le plus cher, égoïstement, je plie bagage, avec le sentiment que c'est bien fini. Puisque j'ai encore la possibilité de m'en évader, pourquoi risquer le péril de m'amouracher de celle qui m'a tout donné et qui se laissera reprendre sitôt que je remontrerai le bout de mon nez pervers?

Je pars vers d'autres conquêtes, encore étourdi par celle qui m'effraie un peu, même si je refuse de l'avouer. Solitaire comme une bouteille à la mer, nacelle délabrée dans la tempête, elle donne sans compter, mais est incapable de se rapprocher des grands centres. Et j'y tiens à ma petite vie bourgeoise, à mes centres commerciaux de la métropole, à mon Château Frontenac, à ma Colline parlementaire ontarienne.

J'y tiens, à cette proximité de l'Europe que me procure Mirabel, au sirop d'érable de l'Estrie, à ma tourtière du Saguenay, à mes forêts de la Mauricie. Trop pour demeurer fidèle à cette beauté qui s'est offerte sans retenue, mon île. Elle tente de me garder, mais je me rebelle. Je n'appréhende pas la proximité de la mer.

Ce n'est pas l'insularité qui me fait craindre non plus, mais l'inconnu. Pourtant, ma vie l'a chevauché cet inconnu. Faite de quête d'absolu. Je ne vois pas plus loin parce qu'incapable de regarder derrière, à l'époque où j'étais dans le sein de ma mère, frêle esquif incontrôlé, incontrôlable, n'ayant aucun droit ni pouvoir qu'autre que celui du corsaire intérieur. Et pourtant je m'y sentais suffisamment bien pour y mouiller pendant neuf mois.

Je n'ai donc plus qu'à la quitter pour ne pas revenir. J'espère seulement en avoir le courage et la force, mais il est tellement difficile de tout balancer par-dessus bord, quand on aime, qu'on se sait aimé.

Je l'ai quittée, un matin triste et gris de brume, la mort dans l'âme. Embarqué comme en un exil volontaire. Parti en emportant avec moi, comme un voleur, souvenirs et jouissance. Parti comme j'ai toujours vécu, sans regarder par derrière; j'en étais incapable.

Parti sans me préoccuper de celle que j'ai désirée, que j'ai eue. Sans même reprendre de nouvelles d'elle, ni chercher à raviver son souvenir. C'est peut-être mieux ainsi. Je ne la méritais pas, cette île qui s'est offerte. Je ne mérite pas davantage la passion qu'elle m'a insufflée.

Trop préoccupé par ma jouissance de mâle et mon petit moi personnel, par ces souvenirs que j'en ai rapportés. Mais en regardant ces photos d'elle que j'idolâtre sur cet encadrement que j'en ai fait, dans ma chambre de vieux garçon débauché, j'ai des pincements. Photographiée dans des poses érotiques, je la regarde bien, celle que je désire encore et qui me trouble, me bouleverse, m'émoustille, me secoue et dont je cauchemarde.

Mais la passion me dévore. Je veux retrouver mon île. Bon... disons que tu n'es pas "mon" île. Viens m'étourdir de ton parfum comme autrefois. Je t'attends au quai.

C'est là que je renaîtrai, Navigateur placentaire...

 
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Message  berny le Sam 15 Juin 2013 - 18:31

Eh bien dis donc! il y a de la poésie dans ce texte qui nous navigue vers un tout autre Univers que l'autre. Très beau, 

 un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 1689644208

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Message  Le Passeur le Sam 15 Juin 2013 - 22:19

c'est pourtant la même plume qui les a pondus un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 4274335913
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Message  berny le Sam 15 Juin 2013 - 22:53

Que de talent il a cet homme alors!  cyclops

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Message  Le Passeur le Sam 15 Juin 2013 - 23:13

ah non, surtout pas, tout au plus de la pratique un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 4274335913
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Message  Drak Poy le Sam 14 Sep 2013 - 12:24

Je ne peux certainement pas parcourir les fils de ce salon de lecture sans féliciter les écrivains de ce forum, et leur souhaiter bonne chance pour leurs ouvrages ! un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 1689644208

Mélusine, le Passseur et Berny : bravo à vous.

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Message  Le Passeur le Sam 14 Sep 2013 - 14:03

et à toi, donc!
Parce qu'il n'est pas davantage facile de mettre ses émotions sur papier que de les faire publier. C'est, comme partout ailleurs, le premier pas qui coûte le plus.

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Message  Drak Poy le Sam 14 Sep 2013 - 14:20

Le Passeur a écrit:
... Parce qu'il n'est pas davantage facile de mettre ses émotions sur papier que de les faire publier. C'est, comme partout ailleurs, le premier pas qui coûte le plus.
Merci l'ami, Very Happy  à ceci près que tant qu'un ouvrage n'est pas publié, son créateur ne sait s'il peut réellement se nommer écrivain ou vague scribouillard ^^ , (ce qui ne veut pas dire qu'un livre publié soit forcément synonyme de qualité... )
D'ailleurs, je pense simplement être capable de narrer quelques récits capables (peut-être) de ne pas rebuter, et ne suis ni un poète tel Berny ni un écrivain de longue date comme tes écrits le prouvent.

Bah, l'avenir sourit aux audacieux...

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Message  Le Passeur le Dim 15 Sep 2013 - 4:57

Drak Poy a écrit:
Le Passeur a écrit:
... Parce qu'il n'est pas davantage facile de mettre ses émotions sur papier que de les faire publier. C'est, comme partout ailleurs, le premier pas qui coûte le plus.
Merci l'ami, Very Happy  à ceci près que tant qu'un ouvrage n'est pas publié, son créateur ne sait s'il peut réellement se nommer écrivain ou vague scribouillard ^^ , (ce qui ne veut pas dire qu'un livre publié soit forcément synonyme de qualité... )
La réponse à ça est souvent fallacieuse. Ce roman a voyagé d'un éditeur à l'autre pendant quatorze ans, des deux côtés de la Grande Mare. Si on me complimentait de façon telle que je serais "en droit d'avoir la grosse tête" si j'en avais cru la moitié du quart du frison de la première virgule, on refusait encore et toujours ce manuscrit sous tous les prétextes imaginables. Et en 14 ans, je te prie de croire que j'en ai lu de tous les genres, de ces idioties.
Au bout de ces 14 ans, un autre éditeur a décidé que ça lui plaisait suffisamment pour avoir envie de le publier. Pis encore, l'éditeur regrettait, par la suite, que je n'aie pas poursuivi avec ce style d'écriture. Est-ce à dire qu'après 14 ans, ce texte avait maturé dans les enveloppes de la poste, un peu comme ce vin qu'on refuse de vendre dès la première année?
Crois-moi, y a des scribouillards qui publient et d'immenses écrivains qui demeureront à jamais d'illustres inconnus. Et si on me demande des preuves de ce que j'avance, j'appellerai à la barre Marcel Proust que Gallimard a refusé, ce dont la maison continue de se mordre les pouces plus de 100 ans après. Et Gallimard est loin d'être le seul puisque, en désespoir de cause, Proust a publié son cycle du côté de chez Swan à compte d'auteur comme on dit ici, ce que vous appelez, je crois, l'auto-édition.
Crois-moi, ce n'est pas parce qu'un écrivain est publié qu'il est bon, ce n'est pas parce qu'il est refusé par les éditeur qu'il est systématiquement pourri. Je suis pleinement conscient qu'en parlant de la sorte, je risque de voir mes pages scrutées à la loupe pour savoir si je suis bon ou mauvais écrivain. J'y suis prêt. De toute façon, ce n'est pas à moi de décider si j'ai ou non du talent, et encore moins aux eunuques de la littérature, les critiques. C'est au lecteur à qui s'adresse un livre de décider si oui ou non le livre méritait d'être publié.

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Message  berny le Dim 15 Sep 2013 - 5:29

az4 

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Message  Drak Poy le Dim 15 Sep 2013 - 12:17

Tu as ma foi raison mon cher Passeur, et Proust avec son édition à compte d'auteur en est bien la preuve. J'ai en fait entendu dire bien des choses sur la façon dont les éditeurs géraient parfois les écrits des parfaits inconnus, ce qui ne me rassure guère, et l'histoire de ton roman ayant "maturé dans les enveloppes de la poste"^^ ne fait que confirmer mes appréhensions.
Je crois que ta dernière phrase est d'une parfaite justesse, c'est aussi mon avis, à cela près que pour qu'il puisse être lu, il faut qu'il soit édité, c'est le serpent (ou le dragon) qui se mort la queue.
Ceci-dit il reste toujours en cas de refus la solution de l'auto-édition. Envisagée par un grand Monsieur, elle demeure néanmoins une solution de repli, sans vrai perspective de rentabilité, mais avec au moins un avantage, celui de faire connaître son ouvrage...
En tous les cas merci pour ton témoignage, en ce qui me concerne je ferai mon possible afin de parvenir à éditer quelques lignes, dussé-je attendre quelques saisons... un recueil de nouvelles: «l'Oiseau de Malheur" 1017532469

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Message  Le Passeur le Dim 15 Sep 2013 - 18:40

Tu vois, j'ai déjà été comparé à Platon, à Socrate, à Yourcenar, à Rousseau (JJ), à Voltaire pour n'en nommer que quelques-uns et j'en passe et des meilleurs et pourtant, aucun des éditeurs ayant fait ce genre de "pétage de bretelles" n'a accepté les livres pour lesquels j'ai eu droit à ces tapes dans le dos...
J'en ai même un (roman jeunesse) pour lequel un éditeur a déclaré qu'il devrait être mis à l'étude dans les facultés d'anthropologie  des universités. C'est dire à quel point ce roman jeunesse était "pris au sérieux". Néanmoins pas encore assez sérieux pour que cet éditeur (ni aucun autre à ce jour) l'accepte. Je pourrais te raconter la petite histoire d'un récit commis au milieu des années '90, qualifié par un éditeur comme étant un tas de °*rde (oui le qualificatif est bel et bien sien) et l'éditeur suivant à qui j'ai proposé la même copie du manuscrit l'a accepté, l'a publié et l'a soumis à un concours dont mon récit est sorti victorieux. Épuisé, l'éditeur ayant fermé ses portes, un autre éditeur m'a contacté il y a deux ou trois ans, voulant rééditer ce récit. Mais il tenait à en changer l'orthographe pour le standardiser. Or, c'est précisément sur la base de cet orthographe volontairement aléatoire que s'établit la crédibilité du récit...
Garde à l'esprit, cher ami, que ce n'est pas parce que "j'ai" une plaque sur la porte d'entrée de mon bureau disant que "je suis" éditeur que ça me donne la science infuse, que ça fait de moi le détenteur de LA vérité... Personnellement, je sais pertinemment que je suis loin, très loin, d'en être détenteur. Mais d'expérience je peux te dire que les éditeurs ne la détiennent pas davantage. Certains ont un jugement sûr. Mais tous? grands dieux, non, trois fois NON!!!

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Message  Drak Poy le Dim 15 Sep 2013 - 19:24

Le Passeur a écrit:
Garde à l'esprit, cher ami, que ce n'est pas parce que "j'ai" une plaque sur la porte d'entrée de mon bureau disant que "je suis" éditeur que ça me donne la science infuse, que ça fait de moi le détenteur de LA vérité... Personnellement, je sais pertinemment que je suis loin, très loin, d'en être détenteur. Mais d'expérience je peux te dire que les éditeurs ne la détiennent pas davantage. Certains ont un jugement sûr. Mais tous? grands dieux, non, trois fois NON!!!
Tu prêches un converti l'ami, et en fait je dirais même plus : nul homme sur cette terre ne détient LA vérité, j'ai fait de ce dogme personnel une raison de vivre, ce n'est pas pour y renoncer en envoyant quelques manuscrits, même si, c'est une évidence, je ne vais pas cracher sur celui qui acceptera de les éditer.

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