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Les Fumeurs (Emile VERHAEREN)

+3
demoru
william1941
Sesomiris
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Les Fumeurs (Emile VERHAEREN) Empty Les Fumeurs (Emile VERHAEREN)

Message  Sesomiris Lun 7 Fév 2022 - 17:18

Certains d'entre vous connaissent ce poème, d'autres le découvriront.

                
LES FUMEURS

« C’est aujourd’hui,
Au cabaret du Jour et de la Nuit,
Qu’on sacrera
Maître et Seigneur des vrais fumeurs,
Celui
Qui maintiendra
Le plus longtemps,
Devant les juges compétents,
Une même pipe allumée.
Or, qu’à tous soit légère
La bière,
Et soit docile la fumée. »
Ont pris place, sur double rang,
Près des tables, le long des bancs
Les grands fumeurs de Flandre et de Brabant.


Déjà, depuis une heure ils fument,
À petits coups, à mince brume,


Le gros et compact tabac,
Qu’a resserré, avec une ardeur douce,
Leur pouce,
En des pipes neuves de Gouda.


Ils fument tous, et tous se taisent,
La bouche au frais, le ventre à l’aise ;
Ils fument tous et se surveillent
Du coin de l’œil et de l’oreille.
Ils fument tous, méticuleusement,
Sans nulle hâte aventurière,
Si bien que l’on n’entend
Que l’horloge de cuivre et son tictaquement,
Ou bien encor, de temps en temps,
Le flasque et lourd écrasement
D’un crachat blanc contre les pierres.
Et tous, ils fumeraient ainsi,
Inépuisablement, tout un après-midi,
N’était que les novices
Ne se doutent bientôt, à maints indices,
Que leur effort touche à sa fin,
Et que le feu, entre leurs mains,
S’éteint.


Mais eux, les vieux, restent fermes. En vain
Les petites volutes
Tracent peut-être, avec leurs fins réseaux,


Le nom du vainqueur de la lutte,
Près du plafond, là-haut ;
Ils s’entêtent à n’avoir d’yeux
Minutieux
Que pour leur pipe, où luit et bouge
Le seul point rouge,
Dont leur pensée ait le souci.
Ils le tiennent à leur merci,
Ils le couvent à l’étouffée,
Laissant de moins en moins les subtiles bouffées
Passer entre leurs lèvres minces
Comme des pinces.


Ô leur savoir malicieux,
Et leurs gestes mystérieux,
Et ce qu’il faut de temps et d’heures
Avant
Qu’un foyer clair, entre leurs doigts fervents,
Ne meure !
Ils étaient dix, les voici cinq ; ils restent trois ;
Et de ceux-ci, le moins adroit,
Malgré les cris et les disputes,
Se lève et déserte la lutte.
Enfin, les deux plus forts, les deux derniers,
Un corroyeur, un batelier,
Barbe roussâtre et barbe grise
Le cœur ardent et sûr, se maintiennent aux prises.


Et c’est alors un unanime enfièvrement :
On se bouscule et l’on regarde
Ces deux maîtres restant superbement
Calmes, parmi la foule hagarde,
Et qui fument, et se taisent jusqu’au moment
Où, tout à coup, celui de Flandre,
Tâtant du doigt le fond du fourneau d’or,
Pâlit, en n’y trouvant que cendres ;
Tandis que l’autre émet encor
Patiemment, à petites secousses,
Un menu flot de brouillard bleu,
Et ne prétend cesser le jeu
Qu’après avoir versé trois derniers brins de feu,
Victorieux,
Sur l’ongle pâle de son pouce.


Et les grands juges réunis
Au cabaret du Jour et de la Nuit
Confèrent dans la grand’chambre,
Au champion du Vieux Brabant,
Luttant
Contre celui de Flandre,
Une pipe d’écume et d’ambre
Avec des fleurs et des rubans.
 
                                                       Emile VERHAEREN
Sesomiris
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Les Fumeurs (Emile VERHAEREN) Empty Re: Les Fumeurs (Emile VERHAEREN)

Message  william1941 Mar 8 Fév 2022 - 0:43

Sesomiris a écrit:Certains d'entre vous connaissent ce poème, d'autres le découvriront.

                
LES FUMEURS

« C’est aujourd’hui,
Au cabaret du Jour et de la Nuit,
Qu’on sacrera
Maître et Seigneur des vrais fumeurs,
Celui
Qui maintiendra
Le plus longtemps,
Devant les juges compétents,
Une même pipe allumée.
Or, qu’à tous soit légère
La bière,
Et soit docile la fumée. »
Ont pris place, sur double rang,
Près des tables, le long des bancs
Les grands fumeurs de Flandre et de Brabant.


Déjà, depuis une heure ils fument,
À petits coups, à mince brume,


Le gros et compact tabac,
Qu’a resserré, avec une ardeur douce,
Leur pouce,
En des pipes neuves de Gouda.


Ils fument tous, et tous se taisent,
La bouche au frais, le ventre à l’aise ;
Ils fument tous et se surveillent
Du coin de l’œil et de l’oreille.
Ils fument tous, méticuleusement,
Sans nulle hâte aventurière,
Si bien que l’on n’entend
Que l’horloge de cuivre et son tictaquement,
Ou bien encor, de temps en temps,
Le flasque et lourd écrasement
D’un crachat blanc contre les pierres.
Et tous, ils fumeraient ainsi,
Inépuisablement, tout un après-midi,
N’était que les novices
Ne se doutent bientôt, à maints indices,
Que leur effort touche à sa fin,
Et que le feu, entre leurs mains,
S’éteint.


Mais eux, les vieux, restent fermes. En vain
Les petites volutes
Tracent peut-être, avec leurs fins réseaux,


Le nom du vainqueur de la lutte,
Près du plafond, là-haut ;
Ils s’entêtent à n’avoir d’yeux
Minutieux
Que pour leur pipe, où luit et bouge
Le seul point rouge,
Dont leur pensée ait le souci.
Ils le tiennent à leur merci,
Ils le couvent à l’étouffée,
Laissant de moins en moins les subtiles bouffées
Passer entre leurs lèvres minces
Comme des pinces.


Ô leur savoir malicieux,
Et leurs gestes mystérieux,
Et ce qu’il faut de temps et d’heures
Avant
Qu’un foyer clair, entre leurs doigts fervents,
Ne meure !
Ils étaient dix, les voici cinq ; ils restent trois ;
Et de ceux-ci, le moins adroit,
Malgré les cris et les disputes,
Se lève et déserte la lutte.
Enfin, les deux plus forts, les deux derniers,
Un corroyeur, un batelier,
Barbe roussâtre et barbe grise
Le cœur ardent et sûr, se maintiennent aux prises.


Et c’est alors un unanime enfièvrement :
On se bouscule et l’on regarde
Ces deux maîtres restant superbement
Calmes, parmi la foule hagarde,
Et qui fument, et se taisent jusqu’au moment
Où, tout à coup, celui de Flandre,
Tâtant du doigt le fond du fourneau d’or,
Pâlit, en n’y trouvant que cendres ;
Tandis que l’autre émet encor
Patiemment, à petites secousses,
Un menu flot de brouillard bleu,
Et ne prétend cesser le jeu
Qu’après avoir versé trois derniers brins de feu,
Victorieux,
Sur l’ongle pâle de son pouce.


Et les grands juges réunis
Au cabaret du Jour et de la Nuit
Confèrent dans la grand’chambre,
Au champion du Vieux Brabant,
Luttant
Contre celui de Flandre,
Une pipe d’écume et d’ambre
Avec des fleurs et des rubans.
 
                                                       Emile VERHAEREN
Verhaeren un poète méconnu du 19ème  Les écoliers apprennaient sans rien y comprendre des extraits de  l'Effort ou de La Ville. Dommage. peu parvenus à l'âge adulte s'en souvenaient et il était escamoté dans les programes du lycée (qui allait de la 6ème à la terminale (le collège n'existait pas). 
Merci pour ce cadeau. Et s'il peut inciter certains d'entre-nous à mieux le connaître...
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Message  Sesomiris Mer 23 Fév 2022 - 20:17

Sa notoriété a largement dépassé les frontières francophones.

Stefan Zweig avait publié un ouvrage sur Verhaeren en 1910.
https://www.livredepoche.com/livre/emile-verhaeren-9782253137009

Il a été célébré jusqu'en Russie, surtout dans le premier quart du XXème siècle, 
où il est encore traduit aujourd'hui. 
En France, il est en effet tombé dans un demi-oubli...

Une photo du poète.

Les Fumeurs (Emile VERHAEREN) Page10-300px-Zweig_-_%C3%89mile_Verhaeren%2C_sa_vie%2C_son_%C5%93uvre.djvu
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Message  william1941 Mer 23 Fév 2022 - 21:48

Sesomiris a écrit:Sa notoriété a largement dépassé les frontières francophones.

Stefan Zweig avait publié un ouvrage sur Verhaeren en 1910.
https://www.livredepoche.com/livre/emile-verhaeren-9782253137009

Il a été célébré jusqu'en Russie, surtout dans le premier quart du XXème siècle, 
où il est encore traduit aujourd'hui. 
En France, il est en effet tombé dans un demi-oubli...

Une photo du poète.

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Il y a quelque chose de Verhaeren chez Brel
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Message  demoru Sam 19 Nov 2022 - 7:57

william1941 a écrit:
Sesomiris a écrit:Sa notoriété a largement dépassé les frontières francophones.

Stefan Zweig avait publié un ouvrage sur Verhaeren en 1910.
https://www.livredepoche.com/livre/emile-verhaeren-9782253137009

Il a été célébré jusqu'en Russie, surtout dans le premier quart du XXème siècle, 
où il est encore traduit aujourd'hui. 
En France, il est en effet tombé dans un demi-oubli...

Une photo du poète.

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Il y a quelque chose de Verhaeren chez Brel

Verhaeren a nourri Brel dans un moment clé de sa vie, sa jeunesse et la guerre.
https://youtu.be/3N6x9P5_WFY
À la minute 4, si tu veux aller vite... ;-)
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Message  demoru Sam 19 Nov 2022 - 8:00

Et ce texte de Verhaeren est sublimissime ! La journée commence bien !
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Message  william1941 Sam 19 Nov 2022 - 18:49

demoru a écrit:
william1941 a écrit:
Sesomiris a écrit:Sa notoriété a largement dépassé les frontières francophones.

Stefan Zweig avait publié un ouvrage sur Verhaeren en 1910.
https://www.livredepoche.com/livre/emile-verhaeren-9782253137009

Il a été célébré jusqu'en Russie, surtout dans le premier quart du XXème siècle, 
où il est encore traduit aujourd'hui. 
En France, il est en effet tombé dans un demi-oubli...

Une photo du poète.

Les Fumeurs (Emile VERHAEREN) Page10-300px-Zweig_-_%C3%89mile_Verhaeren%2C_sa_vie%2C_son_%C5%93uvre.djvu
Il y a quelque chose de Verhaeren chez Brel

Verhaeren a nourri Brel dans un moment clé de sa vie, sa jeunesse et la guerre.
https://youtu.be/3N6x9P5_WFY
À la minute 4, si tu veux aller vite... ;-)
merci pour l'Url 
Très intéressant.
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Message  Sesomiris Mar 7 Fév 2023 - 17:48

Voici un sonnet d'Emile Verhaeren sur l'hiver. La pipe n'y est pas mentionnée 
mais on peut l'imaginer sans peine entre le brassin et le "foyer rouge" contribuer
un peu à la "gaieté d'hiver"...

En hiver

Le sol trempé se gerce aux froidures premières,
La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,
Des coussinets de laine irisés de lumières.


Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,
A travers le désert des silences dolents,
Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents
Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.


Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,
Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,
On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,


Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,
Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin
Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.


Emile Verhaeren
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Message  stéphane Mar 7 Fév 2023 - 17:53

Sesomiris a écrit:Voici un sonnet d'Emile Verhaeren sur l'hiver. La pipe n'y est pas mentionnée 
mais on peut l'imaginer sans peine entre le brassin et le "foyer rouge" contribuer
un peu à la "gaieté d'hiver"...

Belle image Sesomiris et très beau sonnet, un grand merci à toi Wink
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Message  BobyLaGanache Mer 8 Fév 2023 - 7:45

Je ne connaissais pas. Merci Seso!
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Message  Kubark Mer 8 Fév 2023 - 8:42

Merci Sesomiris d'avoir pris le temps de retranscrire (avec mise en pas svp) ce poème.
Je me souviens d'avoir étudié un poème de Verhaeren à l'école (je ne sais plus lequel).
Vu le thème, celui-ci ne risque pas d'être au programme ^^

"Bouh ! Il / Elle fait l'apologie de la tabagie !".

Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire parlant  demi-mot des paradis artificiels, drogue, absinthe sont condamnés aussi ?

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Message  Brase d'Anjou Mer 8 Fév 2023 - 12:28

Sesomiris a écrit:Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,
Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,
On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,

Un ambiance d'hiver à la veillée près du feu de cheminée que me contait mon arrière grand-père paysan.
Merci Sesomiris, j'ai revu un instant son visage buriné et souriant  Wink
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Message  william1941 Mer 8 Fév 2023 - 14:24

Kubark a écrit:Merci Sesomiris d'avoir pris le temps de retranscrire (avec mise en pas svp) ce poème.
Je me souviens d'avoir étudié un poème de Verhaeren à l'école (je ne sais plus lequel).
Vu le thème, celui-ci ne risque pas d'être au programme ^^

"Bouh ! Il / Elle fait l'apologie de la tabagie !".

Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire parlant  demi-mot des paradis artificiels, drogue, absinthe sont condamnés aussi ?
Certainement "l'Effort"

Pour mémoire et parce que je le trouve très beau. (même s'il ne parle pas de pipes).
Et qu'il dit des choses qui aident à penser notre monde. Enfin, je crois.

Groupes de travailleurs, fiévreux et haletants,
Qui vous dressez et qui passez au long des temps
Avec le rêve au front des utiles victoires,
Torses carrés et durs, gestes précis et forts,
Marches, courses, arrêts, violences, efforts,
Quelles lignes fières de vaillance et de gloire
Vous inscrivez tragiquement dans ma mémoire !
Je vous aime, gars des pays blonds, beaux conducteurs
De hennissants et clairs et pesants attelages,
Et vous, bûcherons roux des bois pleins de senteurs,
Et toi, paysan fruste et vieux des blancs villages,
Qui n'aimes que les champs et leurs humbles chemins
Et qui jettes la semence d'une ample main
D'abord en l'air, droit devant toi, vers la lumière,
Pour qu'elle en vive un peu, avant de choir en terre ;
Et vous aussi, marins qui partez sur la mer
Avec un simple chant, la nuit, sous les étoiles,
Quand se gonflent, aux vents atlantiques, les voiles
Et que vibrent les mâts et les cordages clairs ;
Et vous, lourds débardeurs dont les larges épaules
Chargent ou déchargent, au long des quais vermeils,
Les navires qui vont et vont sous les soleils
S'assujettir les flots jusqu'aux confins des pôles ;
Et vous encor, chercheurs d'hallucinants métaux,
En des plaines de gel, sur des grèves de neige,
Au fond de pays blancs où le froid vous assiège
Et brusquement vous serre en son immense étau ;
Et vous encor mineurs qui cheminez sous terre,
Le corps rampant, avec la lampe entre vos dents
Jusqu'à la veine étroite où le charbon branlant
Cède sous votre effort obscur et solitaire ;
Et vous enfin, batteurs de fer, forgeurs d'airain,
Visages d'encre et d'or trouant l'ombre et la brume,
Dos musculeux tendus ou ramassés, soudain,
Autour de grands brasiers et d'énormes enclumes,
Lamineurs noirs bâtis pour un oeuvre éternel
Qui s'étend de siècle en siècle toujours plus vaste,
Sur des villes d'effroi, de misère et de faste,
Je vous sens en mon cœur, puissants et fraternels !
Ô ce travail farouche, âpre, tenace, austère,
Sur les plaines, parmi les mers, au cœur des monts,
Serrant ses nœuds partout et rivant ses chaînons
De l'un à l'autre bout des pays de la terre !
Ô ces gestes hardis, dans l'ombre où la clarté,
Ces bras toujours ardents et ces mains jamais lasses,
Ces bras, ces mains unis à travers les espaces
Pour imprimer quand même à l'univers dompté
La marque de l'étreinte et de la force humaines
Et recréer les monts et les mers et les plaines,
D'après une autre volonté.
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